Il est des réunions qui font chaud au coeur…

Ce Mercredi 2 Mars, une réunion amicale était organisée avec et à l’intention des aînés de la Commune de Saint-Antoine de Ficalba ; une réunion toute simple, à la limite banale, mais qui, par ses objectifs, sa tenue, et l’implication des personnes présentes, a fait chaud au coeur de tous les participants…

Le Club Espoir avait convié ses membres actifs, ses anciens membres, les bénévoles venus en nombre lui apporter leurs concours, et quelques aînés intéressés par les activités proposées. Il s’agissait de faire connaissance et d’organiser les équipes de travail qui vont assurer le bon déroulement des diverses activités socio-culturelles (Soirée Ferrat, Thé-dansant, Loto, visites de sites patrimoniaux et sites d’activités industrielles), mais aussi, et avant tout, les visites des personnes âgées à domicile, nouvelle forme de “réunions” du club. La municipalité était fort bien représentée par le Maire en personne, accompagné par 2 de ses adjoints.

L’idée des visites à domicile avait fait son chemin. “Si tu ne peux plus venir jusqu’au club, c’est le club qui ira chez toi”… Au départ, c’était les seuls membres du club qui devaient rendre visite, aux “anciens”, avec une bouteille de cidre et quelques gâteaux, pour passer une heure ou deux, en leur compagnie, afin de rompre leur solitude et leur isolement, en apportant une simple présence amicale, un petit moment de convivialité. L’idée s’est enrichie avec la proposition du Maire de joindre, en ces occasions, l’utile à l’agréable. Un membre de la municipalité se joint ou précède les équipes de visiteurs pour s’enquérir des conditions de sécurité de la personne âgée (Présence verte, numéros de téléphone de référents sécurité, plan canicule…) ; les membres du club s’occupant de l’aspect amical et convivial de la visite… L’idée de ces équipes plurielles a plu, également, aux bénévoles de la Bibliothèque qui proposent de saisir l’occasion pour faire du portage de livres à domicile…

Ainsi, des “triplettes” de membres du club, bénévoles, représentants de la municipalité, iront, sur rendez-vous, passer quelques heures, de temps à autre, chez les aînés qui en acceptent le principe, car il est bien entendu que rien ne sera imposé à personne.

Spontanément, la trentaine d’acteurs impliqués dans cette mouvance, se sont inscrits, tel comme “visiteur”, tel comme “visité”, et les premières tournées des popotes se dérouleront dès la fin du mois de Mars 2016.

Réunion du 2 Mars 2016-2

Photo MPR – 2 Mars 2016

Cette réunion a aussi permis de voir combien les gens sont spontanément généreux et combien d’idées nouvelles peuvent apparaître dès lors qu’il s’agit de manifester sa solidarité et son amitié. Des propositions de covoiturages pour “aller faire les courses” se sont manifestées, qui laissent augurer de belles opérations d’entraide dans les mois à venir.

L’organisation de la soirée Ferrat du 18 Mars prochain, offerte par le Club Espoir à tous les aînés de la Commune, à leurs familles et à leurs amis, peut aussi, désormais, compter sur le concours d’une vingtaine de bénévoles qui se sont proposés pour prendre en charge la préparation de la salle, la préparation des sachets de consommations, l’accueil, l’ordre et la sécurité, l’accueil des artistes…

Une belle petite réunion qui a surpris par la spontanéité des participants, et qui a mis du baume au coeur de Hervé et Eliane Casse, dévoués animateurs du Club Espoir.

Méthanisation : choix citoyens très limités…

Les débats qui agitent les politiques et les associations environnementales au sujet de la méthanisation apparaissent, souvent, pour le citoyen de base, comme autant de procès en sorcellerie…

L’actuelle crise du monde agricole, au travers des questions sur les prix des produits et sur les conditions de vie des producteurs, est aussi révélatrice du profond malaise qui mine les rapports du “monde paysan” avec le reste de la société. Travailleurs de la terre, indispensables “acteurs nourriciers”, et parfois aussi “empoisonneurs” ; incontournables pourvoyeurs de l’alimentation de tous et souvent, hélas, pollueurs et destructeurs…

L’agriculture intensive, ultra-mécanisée, sous l’emprise d’un phyto-sanitaire omniprésent et rendu indispensable par les industriels de la bio-chimie, Bayer, Monsanto et compagnies… est le symbole même de l’activité qui nourrit et qui tue dans le même temps : abondance des productions végétales et animales nécessaires pour l’alimentation humaine et destruction des paysages ; empoisonnement des terres et des récoltes par herbicides, pesticides et autres moyens rendus indispensables pour un “rendement” maximun.

L’actuel développement de l’agriculture biologique n’est qu’un infime palliatif face à la masse des productions de l’agriculture industrialisée… Réduire l’utilisation des produits phyto-sanitaires, et notamment des pesticides, devient un impératif vital pour tous.

C’est en quoi, l’utilisation des produits qui peuvent se substituer au “bio-chimique intensif”, comme les digestats de la méthanisation, pourraient, aujourd’hui, être les indispensables alternatives salutaires.

Or, s’agissant, justement, des digestats de la méthanisation, le débat est loin d’être clos. Va-t-on remplacer la peste par le choléra ? La production, le transport, le stockage et l’épandage de ce nouveau venu dans la panoplie des fertilisants, ne vont pas sans poser questions, problèmes, réactions, oppositions…

Au plan de la production : le digestat est un sous-produit de la méthanisation. La matière organique qui entre dans le méthaniseur devient, par le miracle de la bio-chimie, bio-gaz d’un côté, digestat de l’autre. La nature et le niveau de pollution des intrants va conditionner, pour une large part, la qualité du digestat. Si les intrants sont chargés de métaux lourds et de bactéries résistantes, le digestat a de fortes chances d’en contenir. Les opérations de dépollution doivent donc être particulièrement soignées pour que le produit destiné à l’épandage dans les champs des agriculteurs, soit exempt d’agents dangereux.

Le disgestat doit être transporté et stocké. La noria de camions allant du méthaniseur industriel aux différents points de stockage, cuves aériennes de 8000 m3 ou poches au sol de 5000m3, vont, incontestablement, alourdir le bilan carbone de l’opération ; (C’est pourquoi, les spécialistes de la question souhaitent privilégier la méthanisation en circuits courts, petits méthaniseurs ou méthaniseurs fermiers).

Enfin, pour l’épandage, l’enfouissement immédiat du digestat est indispensable pour éviter les différentes pollutions olfactives. Les CUMA se sont équipées de matériels appropriés et devraient assurer la bonne fin de ces opérations dans les années à venir.

Il n’en reste pas moins vrai que la présence du gros méthaniseur sur la zone industrielle de Villeneuve, INQUIETE… Si les mesures de sécurité limitent, parait-il, au maximum, les risques d’explosions, les villeneuvois qui habitent dans le voisinage de l’entreprise, ont l’insigne honneur, le matin, en ouvrant leurs fenêtres, de pouvoir humer la “légère et doucereuse odeur de merde” qui s’en dégage… Subtile, certes, mais néanmoins omniprésente. Exquis parfum dont peuvent aussi profiter les visiteurs de passage sur la rocade nord, depuis le rond-point du Campanile, jusqu’au pont de Romas, surtout les jours où le vent d’Autan prête son involontaire concours… 

Inquiet, également, le voisinage des cuves et poches de stockage. Inquiets, enfin les riverains des zones d’épandages, en raison des risques de pollutions olfactives et des pollutions chimiques et bactériologiques des sols…

Alors, la peste ou le choléra ? Le Citoyen de base n’a guère le choix. L’un comme l’autre, s’impose, sans grandes voies de recours possibles. Le Maire de Laparade, par exemple, craignant la pollution des terres par les métaux lourds, s’était opposé à l’épandage des digestats sur sa commune. Le Préfet a, malgré tout, donné l’autorisation à la Société Fonroche, d’épandre sur ce territoire…

Alors, pauvre Citoyen : mange, respire, crève à la rigueur, mais tais toi… les industriels en tous genres  et les autorités de tous poils ont pensé pour toi. Amen.

Gérard Formaggio.