Méthanisation : choix citoyens très limités…

Les débats qui agitent les politiques et les associations environnementales au sujet de la méthanisation apparaissent, souvent, pour le citoyen de base, comme autant de procès en sorcellerie…

L’actuelle crise du monde agricole, au travers des questions sur les prix des produits et sur les conditions de vie des producteurs, est aussi révélatrice du profond malaise qui mine les rapports du « monde paysan » avec le reste de la société. Travailleurs de la terre, indispensables « acteurs nourriciers », et parfois aussi « empoisonneurs » ; incontournables pourvoyeurs de l’alimentation de tous et souvent, hélas, pollueurs et destructeurs…

L’agriculture intensive, ultra-mécanisée, sous l’emprise d’un phyto-sanitaire omniprésent et rendu indispensable par les industriels de la bio-chimie, Bayer, Monsanto et compagnies… est le symbole même de l’activité qui nourrit et qui tue dans le même temps : abondance des productions végétales et animales nécessaires pour l’alimentation humaine et destruction des paysages ; empoisonnement des terres et des récoltes par herbicides, pesticides et autres moyens rendus indispensables pour un « rendement » maximun.

L’actuel développement de l’agriculture biologique n’est qu’un infime palliatif face à la masse des productions de l’agriculture industrialisée… Réduire l’utilisation des produits phyto-sanitaires, et notamment des pesticides, devient un impératif vital pour tous.

C’est en quoi, l’utilisation des produits qui peuvent se substituer au « bio-chimique intensif », comme les digestats de la méthanisation, pourraient, aujourd’hui, être les indispensables alternatives salutaires.

Or, s’agissant, justement, des digestats de la méthanisation, le débat est loin d’être clos. Va-t-on remplacer la peste par le choléra ? La production, le transport, le stockage et l’épandage de ce nouveau venu dans la panoplie des fertilisants, ne vont pas sans poser questions, problèmes, réactions, oppositions…

Au plan de la production : le digestat est un sous-produit de la méthanisation. La matière organique qui entre dans le méthaniseur devient, par le miracle de la bio-chimie, bio-gaz d’un côté, digestat de l’autre. La nature et le niveau de pollution des intrants va conditionner, pour une large part, la qualité du digestat. Si les intrants sont chargés de métaux lourds et de bactéries résistantes, le digestat a de fortes chances d’en contenir. Les opérations de dépollution doivent donc être particulièrement soignées pour que le produit destiné à l’épandage dans les champs des agriculteurs, soit exempt d’agents dangereux.

Le disgestat doit être transporté et stocké. La noria de camions allant du méthaniseur industriel aux différents points de stockage, cuves aériennes de 8000 m3 ou poches au sol de 5000m3, vont, incontestablement, alourdir le bilan carbone de l’opération ; (C’est pourquoi, les spécialistes de la question souhaitent privilégier la méthanisation en circuits courts, petits méthaniseurs ou méthaniseurs fermiers).

Enfin, pour l’épandage, l’enfouissement immédiat du digestat est indispensable pour éviter les différentes pollutions olfactives. Les CUMA se sont équipées de matériels appropriés et devraient assurer la bonne fin de ces opérations dans les années à venir.

Il n’en reste pas moins vrai que la présence du gros méthaniseur sur la zone industrielle de Villeneuve, INQUIETE… Si les mesures de sécurité limitent, parait-il, au maximum, les risques d’explosions, les villeneuvois qui habitent dans le voisinage de l’entreprise, ont l’insigne honneur, le matin, en ouvrant leurs fenêtres, de pouvoir humer la « légère et doucereuse odeur de merde » qui s’en dégage… Subtile, certes, mais néanmoins omniprésente. Exquis parfum dont peuvent aussi profiter les visiteurs de passage sur la rocade nord, depuis le rond-point du Campanile, jusqu’au pont de Romas, surtout les jours où le vent d’Autan prête son involontaire concours… 

Inquiet, également, le voisinage des cuves et poches de stockage. Inquiets, enfin les riverains des zones d’épandages, en raison des risques de pollutions olfactives et des pollutions chimiques et bactériologiques des sols…

Alors, la peste ou le choléra ? Le Citoyen de base n’a guère le choix. L’un comme l’autre, s’impose, sans grandes voies de recours possibles. Le Maire de Laparade, par exemple, craignant la pollution des terres par les métaux lourds, s’était opposé à l’épandage des digestats sur sa commune. Le Préfet a, malgré tout, donné l’autorisation à la Société Fonroche, d’épandre sur ce territoire…

Alors, pauvre Citoyen : mange, respire, crève à la rigueur, mais tais toi… les industriels en tous genres  et les autorités de tous poils ont pensé pour toi. Amen.

Gérard Formaggio.

Une pensée sur “Méthanisation : choix citoyens très limités…

  1. Merci pour cet article tellement vrai. La seule façon de tout arrêter c’est devenir tous végétariens ; ce n’est pas pour demain,
    Après tout !!!!!!!!!!! Quelle est la meilleure odeur pour nous, moutons que nous sommes ? La merde ou le channel ( à débattre)…
    Encore merci. Et continuez dans cette voie, vous en reveillererez toujours quelques uns.

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