Méthanisation : informations à la source…

Association du Grand Villeneuvois pour la défense du Cadre de Vie :

Notre ami Sylvain Blanche, soucieux de donner aux citoyens du Grand Villeneuvois une information aussi précise que possible sur le problème de la méthanisation, est allé aux sources : Il a rencontré les responsables de la société Fonroche qui exploite le méthaniseur industriel installé sur la zone industrielle de Villeneuve-sur-Lot, et dont le fonctionnement a un impact certain sur la qualité de notre cadre de vie.

Voici quelques éléments destinés à notre Information Citoyenne :

La société Fonroche est propriétaire à 100 % du site de Villeneuve sur Lot.  C’est une de ses filiales, la SAS Biovilleneuvois qui exploite le méthaniseur de Villeneuve-sur-Lot.

Ce méthaniseur a coûté 12 Millions d’euros. Il est le premier entièrement conçu par Fonroche, aidé par une société Danoise appelée Bigadan, spécialiste de  la fabrication des méthaniseurs, et ayant toutes les compétences requises pour le faire.

METHANISEUR de Villeneuve sur Lot

Photo : La Feuille

L’entreprise Air liquide est actionnaire du groupe dans la filière Biogaz. C’est elle qui est en charge de la partie gaz et électricité (contrôle de la qualité du gaz et approvisionnement du réseau EDF).

S’agissant des intrants, Fonroche garantit que la matière organique provient d’entreprises locales comme Pedfood, Daucy, Conserves de France, élevages fermiers etc… Cette matière organique est soumise à des contrôles avant son entrée dans le méthaniseur ; le but de ce contrôle est de vérifier qu’il n’y ait pas de métaux lourds et matières contaminantes. La matière est traitée afin d’éviter les odeurs . Deux laboratoires privés sont en charge de ce contrôle.

Capacités du site ; Environ 71000 tonnes de matières organiques traitées par an. Rendement : environ 34500 KWH ; soit, de quoi répondre aux besoins en énergie de 11000 foyers (Amortissement du site sur 15 ans).

La matière reste dans le méthaniseur, de 25 à 30 jours.

Personnel employé : 4 à 5 directement sur le site ; et environ 30 personnes en incluant la gestion et la partie commerciale.

S’agissant du digestat : celui ci est contrôlé, à sa sortie, avec des taux en azote, cuivre, etc, bien précis. Il est appelé à remplacer les apports en engrais et pesticides habituellement répandus par les agriculteurs en général . Le souci est que des bactéries malsaines pourraient résister, après avoir subi un traitement de 1 heure à 70° au moment de l’hygiénisation.

S’agissant du Stockage du digestat avant épandage : il est stocké dans des silos (comme celui de Tournon) qui ont une capacité de 8000 m3. La construction de ce dernier a fait l’objet d’un permis de construire accepté et validé.

Pour éviter ce type de silo peu esthétique, des poches d’une capacité d’environ 5000m3 sont installées dans le sol, comme à La Croix Blanche.

Pour ce qui est de l’épandage, un contrat a été signé avec la fédération départementale de la CUMA, qui aura la charge de l’épandage. Elle vient de recevoir de nouvelles machines pour effectuer cette tâche.

L’ensemble des communes de la CAGV a accepté le principe l’épandage sur ses terres ; d’autres, comme Laparade refusent, par principe de précaution ; mais la loi ne précise pas qu’un élu puisse empêcher un agriculteur d’épandre ce digestat, dès lors qu’ il respecte un cahier des charges soumis à l’approbation du ministère.

En conclusion : l’Association du Grand Villeneuvois pour la Défense du Cadre de Vie estime qu’il est important d’approuver le principe de la méthanisation qui permet  de revaloriser de la matière organique et de répandre un digestat plus sain que des pesticides et engrais artificiels. Cependant, des contrôles stricts et permanents doivent être effectués afin d’éviter tous les risques de contamination.

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Alain Zanardo – ingénieur biochimiste INSA Toulouse.

Alain zanardo émet un avis beaucoup plus critique :

Ce gigantesque fermenteur de 8000 m3 presque construit va recevoir de la biomasse agricole telle que fumier lisier fientes paille …. mais aussi des matières de la filière viande (et autres) qui nécessite une hygiénisation à 70°C durant 1 h prévue dans le processus avant méthanisation. D’autres substrats contenant des métaux lourds  seront ajoutés en faibles quantités. Il y aura donc une dilution de ces éléments dont les concentrations passeront en dessous des seuils autorisant l’épandage.

En conclusion je m’oppose à ces épandages malgré toutes les qualités de ce procédé. Risque de propagation de maladies type ESB et accumulation dans les sols d’éléments générant des bioaccumulations dans les biotopes agricoles et donc in fine dans les productions agricoles destinées à l’alimentation animale et humaine.

Un autre argument contre ces épandages concerne le nombre de camions et les distances (25 km aller retour par camion de 30 tonnes pour 71 000 tonnes/an) à parcourir pour concentrer la biomasse à fermenter puis pour répartir le digestat dans les 12 lieux de stockages intermédiaires situés prés des zones d’épandages sur 5 km autour de chaque lieu.

Ces lieux présentent un danger d’explosion car le méthane va poursuivre sa migration vers l’air et au taux de 12% de CH4 dans l’air le mélange est explosif. De nombreux lieux de stockages intermédiaires d’ordures ménagères ont explosés en partie haute des hangars car la densité de ce gaz est inférieure à 1 ; il s’accumule en partie haute des réservoirs de stockages.

Le risque d’introduction dans ce fermenteur de matières interdites du fait de leurs concentrations en éléments biocides est grand et difficilement contrôlable sur les quelques décennies de durée de vie de cette installation.

Mon avis est donc défavorable.

 Actualisé le 28 février 2016             

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