Pratique de l’Occitan à L’Ecole Occitane d’Eté…

Un article de La Dépêche du Midi du 17 Août 2016 : 
L’Ecole occitane d’été (EOE), 42e du nom, a accueilli ses premiers stagiaires dans la journée de dimanche. Et immédiatement, tout le monde s’est trouvé pris dans l’ambiance de ce bain linguistique.

Un bon cru que cette 42e édition de l’école occitane d’été : près d’une centaine de stagiaires, «des habitués d’une part, et pas mal de nouveaux, des jeunes qui souhaitent connaître cette culture, d’autres qui n’ont jamais pratiqué la langue…» confirme Sabine, entre 2 jeux de raquettes en compagnie des jeunes de l’escoleta. Le temps ayant décidé de se fixer à «beau et chaud» en ce début de semaine, chacun est la recherche d’un petit coin plus frais pour une sieste digestive, juste avant la reprise des cours. Et c’est dans les couloirs de l’Oustal que les baquettes sont occupées par quelques dormeurs.

15 stagiaires au cours de chant traditionnel

Lundi et mardi, et ce à raison de 4 sessions de 2 heures, la salle polyvalente résonne de chants traditionnels, aucune musique ne les accompagne, juste les voix qui s’entremêlent.

C’est sous la direction de Pèire Boissière que la quinzaine de stagiaires enchaîne les chants de diverses traditions régionales occitanes (de moissons, de travail, de noces ou encore de danses). Tous ces chants, Pèire les a recherchés, les a appris, les a transmis comme les anciens les lui ont transmis, et il continue à les transmettre. «C’est à la fin des années soixante-dix que j’ai commencé à collationner tous ces chants traditionnels : tout d’abord en Auvergne, puis j’ai passé de nombreux mois dans les 4 cantons du Haut-Agenais. Je dois posséder plus de 120 heures d’enregistrement de chants, de contes. et cela m’a également permis de découvrir de nombreux jeux traditionnels» Une véritable sauvegarde de la pratique et des traditions orales. Si les textes en eux-mêmes sont bien documentés et retranscrits, il n’en est pas de même pour la mélodie, le rythme de ces chants. «L’écriture musicale peut souvent être réductrice. Dans la tradition du chant, les gammes sont souvent non tempérées, c’est-à-dire différente des gammes du piano. Et l’apprentissage ne peut alors se faire que par l’imitation». C’est le choix d’enseignement de Pèire Boissière, un véritable autodidacte de cette transmission orale.

Une entrée dans la culture occitane

S’il n’est pas nécessaire de parler la langue d’Oc pour participer à ces ateliers, c’est aussi parce que «la langue du chant est différente de langue du parlé. Dans ces cours de chant, on travaille sur la prononciation. Ces ateliers ont également une valeur linguistique». La mise en bouche de la langue d’Oc en quelque sorte. Et si tous les stagiaires ne sont pas forcément des locuteurs réguliers de cette langue, «c’est aussi une belle porte d’entrée pour appréhender cette culture».

Frédéric Pascaud

Pour avoir une idée des chants de Pèire Boissière…

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